Fêtes et traditions : Kannaval rivé, tout' moun en la ri !

 


Le Carnaval

Le grand défoulement !

Le carnaval est une fête d'une grande importance. La période du carnaval débute dès le mois de janvier (après l'épiphanie) pour prendre fin le Mercredi-des-Cendres, premier jour du Carême avec, pour la Guadeloupe, un dernier sursaut le jeudi de la mi-carême avec des défilés en rouge et noir.

Chaque dimanche des défilés ont lieu dans toutes les communes.

Lorsque nous étions enfants, des petites troupes de masques (communément appelées "mass") et exclusivement formées par des jeunes garçons, défilaient tous les dimanches. On entendait de loin le son des tambours et des sifflets et la plupart des enfants se précipitaient alors chez eux afin de se cacher et de surveiller à travers les volets leurs évolutions. Ils arrivaient rapidement en gesticulant et en dansant sous les fenêtres et balcons, faisaient claquer leurs fouets intimidants. Souvent, leur costume était fait de vieux vêtements récupérés et transformés. Quelques pièces de monnaie jetées par les spectateurs les récompensaient parfois pour leurs efforts. C'était un carnaval très populaire.

Il y avait entre autres :

  • les "masques à la mort", effrayant avec leur tête de mort et leur squelette peint en blanc sur une combinaison noir ;

  • les "masques à congo", enduits de sirop de batterie qui rappellent les premiers africains débarqués sur ces îles au temps de l'esclavage ;

  • les "masques à miroirs" ;

  • les "masques à rubans" qui au son de la musique tressaient de longs rubans colorés autour d'un mât ;

  • les "diablotins" ou "diables rouges" avec leurs cornes et leur longue queue.

Les quatre derniers jours du carnaval (Dimanche-Gras, Lundi-Gras, Mardi-Gras et Mercredi-des-Cendres) sont les plus chauds : c'est l'heure des grands "vidés" (défilés) où la joie explose dans toutes les rues, surtout dans les communes de Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre pour la Guadeloupe et de Fort-de-France ou du Lamentin pour la Martinique. La vie économique de ces îles s'arrête pour un défoulement général : jeunes ou moins jeunes, petits et grands, tout le monde descend dans la rue.

Le lundi-gras, c'est le défilé des enfants des écoles.

Le mardi-gras, très tôt (dès cinq heures) : grand vidé en pyjama. En pyjama, lévé en pyjama !

Et dès le début de l'après-midi, c'est le grand défilé costumé : des chars (camions décorés transportant orchestre et personnes déguisées), des groupes à pied déployant de magnifiques costumes aux couleurs chatoyantes envahissent les rues qui retentissent alors de roulements de tambours, de chants, de musiques chaudes qui donnent à tous ceux venus regarder l'envie de se jeter dans cette foule trépidante et délirante, et vivre pleinement cet instant de défoulement.

Enfin, cette grande fête s'achève le Mercredi-des-Cendres par un grand vidé où les couleurs de rigueur sont le noir et le blanc (couleur du deuil), pour célébrer les obsèques de Vaval, marionnette de chiffons symbolisant le carnaval. A la fin de la journée, après avoir été exhibé dans toutes les rues, il sera brûlé et ses cendres seront éparpillés sur les eaux tièdes reflétant le soleil couchant tandis que la foule toujours en liesse chanterait sur un rythme endiablé : "Vaval, Vaval, Vaval pa kité nou" (Vaval, ne nous quitte pas).

Sur les trottoirs, les marchandes ambulantes sont là et proposent aux spectateurs différentes spécialités locales : sorbet coco, sinobol, sik-a-pistache, cornet-pistache, beignets, danquittes, etc.


Toutes ces festivités sont aujourd'hui retransmises sur les radios et les chaînes de télévision locales. Le carnaval a été "discipliné" : le trajet des groupes est préalablement défini et un service d'ordre est chargé de canaliser les foules. Des prix récompensent les meilleurs déguisements, la meilleure musique ... On retrouve souvent les faits marquants de l'actualité de ces îles dans les thèmes choisis par les groupes (en Guadeloupe : l'éclipse solaire en 1998 et l'Euro en 1999, le Viagra en Martinique en 1999).

Enfin, le jeudi, la vie reprend son cours normal et chacun retrouve ses activités avec souvent les yeux rougis par le manque de sommeil et la fatigue, les pieds endoloris. Mais le coeur de chacun bat encore au rythme du son des tambours et on pense déjà au carnaval de l'année prochaine.

Ambiance "Carnaval" (Style de musique des groupes à pied aujourd'hui )

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Extrait de l'album du groupe AKIYO - "Senjan"

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